Lobbying à la Catalane

Dernièrement, j’ai participé à un séminaire à Barcelone qui était consacré au thème de la croissance. Et lors du dernier dîner, j’ai eu une conversation très intéressante avec un des participants. Il décrivait la manière dont les groupes d‘intérêt réussissent souvent à détourner l’intérêt général, et je dois dire que j’étais entièrement d’accord avec son propos. Les groupes de pression sont à mon sens un véritable fléau. Ils sont en effet caractérisés par le fait qu’ils représentent leurs propres membres et non pas toute la société. Lors de leurs négociations avec les autorités, que ce soit sur les taxes ou sur tout autre sujet, ils mettent donc toujours en avant les intérêts de leur propre groupe au détriment de ceux de l’ensemble de la société. Et c’est d’autant plus gênant qu’ils pèsent souvent de manière disproportionnée sur la gestion politique. Un lobby est en effet bien plus facile à réunir autour d’un thème précis que l’ensemble, forcément très divers, de la société. Chacun de ces groupes d’intérêt a beaucoup à gagner ou à perdre lors d’un changement de politique du gouvernement et n’hésitera donc pas à attirer l’attention des médias sur ce fait. En revanche, un groupe mal organisé, dont chaque membre a individuellement peu à gagner ou à perdre suite à cette même mesure, obtiendra de fait moins d’attention de la part des médias. Le contribuable en est un exemple typique et se fait donc bien moins entendre. La conséquence finale, c’est que chaque groupe d’intérêt parvient assez aisément à obtenir des avantages qui sont financés par le contribuable. Il en résulte une prolifération de subventions spécifiques et de baisses de TVA qui obligent le citoyen à payer des prix plus élevés parce qu’un secteur en particulier veut moins de concurrence. Et cet état de fait est d’autant plus grave que les groupes de ce type sont légion: agriculteurs, entreprises industrielles, médecins… Tous ces lobbies, en protégeant si bien leurs intérêts, contribuent tous à alourdir la facture finale. Ce séminaire m’a en tout cas bien plu, notamment pour son organisation sans faille. Je vous mets d’ailleurs en lien l’agence qui s’en est occupée, si vous êtes en quête d’une agence événementielle de qualité, que vous trouverez en suivant le lien : http://www.agence-seminaire-barcelone.fr

Agir pour la démocratie

Pour la démocratie, c’est une victoire, remportée alors que la France est encore sous le choc des terribles attentats islamistes subis il y a un mois et que le vote a eu lieu en plein Etat d’urgence. Certains dangers la menacent toutefois sérieusement : l’abstention, qui reste massive, et l’adhésion de plus en plus forte au parti et aux idées d’extrême-droite, notamment de la part des jeunes. En France comme ailleurs en Europe, c’est en effet au sein de la jeunesse que l’extrême droite nationaliste comme l’islamisme séduisent le plus et recrutent leurs forces vives, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils offrent une grille de lecture du monde. Alors que l’accès à l’information est de plus en plus aisé et que le monde ne perd pas en complexité, disposer d’éléments de compréhension est devenu un besoin impérieux pour ne pas sombrer dans la paranoïa ou l’angoisse paralysante. Ensuite, ils sont sincères : ils croient en ce qu’ils disent. Ils défendent des idées sinistres et violentes, mais ils y croient. En face de responsables politiques démocrates aux convictions trop souvent fluctuantes, cette sincérité plaît, notamment au sein de la jeunesse. De plus, ils ont pour eux de mettre leurs actes en accord avec leurs paroles. Les islamistes massacrent des Juifs, asservissent les femmes, tuent des libre-penseurs, combattent la laïcité et s’engagent pour étendre leur impérialisme. Les nationalistes discriminent, combattent la laïcité, tiennent des discours de haine, autorisent ou soutiennent les passages à l’acte violents. Alors que tant de promesses ne sont pas tenues, cette concordance entre paroles et actions, fussent-elles funeste, séduit. Par ailleurs, ils offrent une place aux jeunes. Une des députés FN est la benjamine de l’Assemblée Nationale, les tueurs de Toulouse, du musée juif de Bruxelles, de janvier et de novembre 2015 sont des jeunes. Leurs héros sont abjects, mais jeunes. Les jeunes démocrates, eux, peinent à se faire une place dans la vie économique, intellectuelle, artistique, sociale et politique, trop souvent verrouillée par des générations plus âgées. Enfin, ils proposent une formidable aventure, notamment à l’international. S’engager, pour les uns, aux côtés des nationalistes partout sur notre continent, ou de la Russie poutinienne pour défendre la chrétienté en Europe et ailleurs ; pour les autres, auprès des islamistes en Syrie, en Irak et au Mali pour créer un califat contemporain, sont des aventures internationales à visée historique. Alors que le déclassement individuel et collectif est une réalité vécue par un nombre toujours croissant de citoyens, ces aventures qui dépassent l’individu permettent de relever la tête, de retrouver de la dignité, de donner du sens aux souffrances d’aujourd’hui, du souffle et une perspective d’avenir. Aux jeunes comme aux autres, cela plaît. Face à cet état de fait, il est urgent pour la démocratie de passer à l’action. Elle ne doit plus être une incantation ou un concept creux, mais correspondre à des bénéfices tangibles, pour tous. Il est grand temps de relancer une grande aventure collective, de réinvestir la solidarité internationale, de tracer une perspective pour notre pays et notre continent qui soit fondée sur les valeurs de la démocratie, et de placer la jeunesse en son cœur. Cette grande aventure à vivre ensemble, cela pourrait être, par exemple, la constitution d’une identité et d’une société civile européennes à travers l’établissement d' »Erasmus Universel ». Cela signifierait la circulation de tous les étudiants et apprentis et de tous les élèves, du primaire au lycée, en Europe comme sur la rive sud de la Méditerranée. Concrètement, cela signifierait pour chaque élève, au cours de chaque cycle, une expérience à l’international : au primaire, un voyage de classe à l’étranger pendant une à deux semaines ; au collège, l’insertion dans une classe étrangère pendant une certaine période, par exemple un mois ; au lycée, un trimestre ou un semestre d’échange. Bien évidemment, cela s’accompagnerait de l’accueil, pour les mêmes durées, d’élèves étrangers. Un Service civil européen, notamment tourné vers les pays pauvres sur l’exemple des Peace Corps américains, pourrait également être mis en place. Désiré par la jeunesse, qui est à l’origine et au cœur de cette proposition, l’établissement d' »Erasmus Universel » permettrait de mettre en actes les valeurs de la démocratie et de lui redonner un souffle civilisationnel à même de faire reculer l’islamisme et l’extrême droite nationaliste, en France comme ailleurs en Europe. Pour la démocratie, il y a urgence.

Les défis de l’Europe et des migrations

Alors que l’Europe est en passe d’accueillir de nombreux réfugiés, les défis à relever apparaissent de plus en plus importants. Le premier concerne les conditions dans lesquelles l’accueil des réfugiés peut être mis en place. De toute évidence, les pays européens ont du agir dans l’urgence pour répondre aux besoins fondamentaux des réfugiés. Alors que l’hiver arrive, il apparaît clair que les mettre à l’abri dans des tentes n’est plus une solution d’accueil digne et acceptable. Bien sûr, la tâche est considérable. Plus d’un million de réfugiés ont trouvé refuge en Allemagne, destination privilégiée des migrants, pour la seule année 2015. Chaque individu – et je le sais d’après ma propre expérience, pour avoir travaillé avec des réfugiés venant de l’autre côté du rideau de fer – est un monde, parfois en proie à des problèmes de santé ou psychologiques, préoccupé par le sort des membres de sa famille restés au pays. Parce qui l’attend aussi dans son nouveau pays d’accueil que souvent il ne connaît absolument pas. Le deuxième est la capacité à surmonter au sein des Etats membres de l’UE – et notamment ceux d’Europe centrale- les désaccords sur la question migratoire. Plusieurs pays accusent la chancelière allemande Angela Merkel – certains ouvertement, d’autres plus modérément – d’avoir elle-même déclenché une vague de départs vers l’Europe par son message d’accueil inattendu de septembre. De fait, le magazine anglais Times a titré sur les « migrants de Merkel » tandis que, au sein de son propre parti politique, la CDU, et de son parti frère bavarois, la CSU, les débats soulevés par son action sont houleux. Malgré les appels à l’unité et à la solidarité de l’UE pour un « partage du fardeau », les querelles persistent. Au cours des dernières réunions de l’AJC à Berlin et à Bruxelles, il est apparu que parmi les 160 000 migrants disséminés par la Commission européenne dans les différents États membres, selon un plan de quotas obligatoires, seule une infime poignée ont effectivement rejoint jusqu’ici leurs nouvelles habitations. Certains pays membres résistent farouchement à cette politique. Ils insistent sur le fait qu’ils n’ont pas été consultés lors de la décision initiale et qu’ils doivent en priorité surmonter leurs difficultés sociales et économiques avant d’accueillir qui que ce soit. Le troisième est le problème sécuritaire – que l’on ne peut ignorer- provoqué par cette vague de migrations. Beaucoup de migrants n’ont pas suivi la procédure qui consistait à remplir dans les pays tiers une demande de statut de réfugié. Celle-ci devait logiquement être examinée par des fonctionnaires, qui, après approbation décidaient d’envoyer les réfugiés vers des des pays préparés pour les recevoir. Au contraire, le processus a été plutôt chaotique. Constitués en grande majorité d’hommes jeunes, les groupes de migrants ont rejoint les côtes européennes en très grand nombre souvent après un périple harassant, avec des papiers plus ou moins authentiques, voire sans papiers du tout. Comment les pays d’accueil pouvaient-ils alors vérifier leurs identités au cas par cas ? Par exemple, selon les rapports, un certain nombre de ceux qui prétendent être syriens ne le sont pas, mais déclarent l’être parce qu’une rumeur répandue sur les réseaux sociaux prétend que les Syriens ont plus de chances que les autres de voir leurs demandes d’asile acceptées en Europe. En outre, beaucoup craignent fortement que l’État islamique ou d’autres groupes terroristes infiltrent leurs militants dans ces vagues humaines, à l’aide de papiers d’identité volés ou contrefaits. Ces peurs ont pris une nouvelle ampleur après les attaques du 13 novembre qui ont fait 130 victimes à Paris. Deux des auteurs seraient arrivés en Europe par l’intermédiaire de la vague migratoire passée par la Grèce. De plus, il est à craindre que si la désillusion devait naître parmi certains nouveaux arrivants – disons, si la réalité ne correspondait pas à leurs attentes – les cellules djihadistes essaieraient d’en faire des combattants extérieurs ou des coopérateurs locaux. De nombreuses agences de sécurité européennes sont, de fait, dépassées par le défi que représentent les recruteurs et les milliers de suspects et de recruteurs à surveiller, particulièrement ceux qui ont voyagé en Irak ou en Syrie et en sont revenus. D’une manière générale, on ne dispose pas du personnel suffisant pour organiser une surveillance 24 h/24 et 7 j/7. Le partage des informations entre les États membres de l’UE est insuffisant, on assiste depuis de longues années à des débats peu concluants entre défenseurs des libertés publiques et partisans de mesures de sécurité plus intrusives. Par ailleurs, le financement parfois toléré d’activités salafistes ou extrémistes notamment par l’Arabie Saoudite pose également un vrai problème sécuritaire. Enfin, la coopération très limitée des services de renseignement turcs alors que leur pays est la destination favorite des terroristes étrangers en provenance et à destination de l’Irak et de la Syrie, ne facilite pas les choses. Renforcer davantage la politique sécuritaire de l’Europe sera, nous le savons déjà, un fardeau énorme pour des agences déjà surchargées. Jusqu’à présent, de nombreux États membres de l’UE ont eu des difficultés à intégrer les vagues de migrants en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Les exemples ne manquent pas : Molenbeek en Belgique, Malmö en Suède et plusieurs banlieues de Paris…partout, des phénomènes de communautés marginalisées et désespérées ayant trop souvent abouti à des sociétés parallèles, à des cycles répétés de décrochage scolaire, générateurs de chômage et de violence, et ayant vu l’émergence de groupes religieux extrémistes. Il est d’ailleurs saisissant de constater qu’un certain nombre de combattants étrangers sont issus de la deuxième génération née en France, en Belgique ou au Royaume-Uni. Ils sont souvent peu familiarisés avec les principes chers aux pays occidentaux comme l’égalité femmes-hommes, la liberté de culte, la séparation de l’Eglise et de l’État, le pluralisme démocratique. Ils risquent d’avoir du mal à s’adapter à ce changement. Ainsi, lors d’une rencontre avec les réfugiés yézidis en Allemagne la semaine dernière, une délégation de l’AJC a entendu des témoignages terrifiants faisant état des persécutions endurées en Irak, mais aussi des difficultés rencontrées en Europe auprès des autres migrants qui ont apporté avec eux leur lot de préjugés contre cette communauté non-musulmane souvent pointée du doigt. Les Juifs d’Europe peuvent aussi légitimement redouter que l’antisémitisme des pays d’origine soit importé par les migrants, ajoutant à la « judéophobie » déjà croissante dans les sociétés européennes. Enfin, la migration paraît ne plus pouvoir s’arrêter tant est grand l’espoir de millions de personnes d’échapper à la guerre endémique, à la pauvreté et au désespoir au Moyen-Orient et en Afrique. Sans parler, bien sûr, du désir de ceux qui ont déjà l’Europe de retrouver les membres de leurs familles restés dans le pays qu’ils ont quittés. Nous l’avons vu, ces difficultés ont eu des conséquences dramatiques. Ce fut notamment le cas en France avec la montée des mouvements populistes qui mettent en doute la capacité et la volonté de l’Europe à contrôler ses propres frontières. Ainsi, l’Europe, qui, depuis la fin de la guerre, n’a connu que la paix et la coopération entre Etats est maintenant déstabilisée par une migration à grande échelle, des préoccupations sécuritaires grandissantes, des querelles internes, des mouvements d’extrême-droite ravivés. Mais également par des questions relatives à sa capacité de trouver des réponses efficaces pour définir l’identité des nations européennes dans les années à venir. Alors que l’Europe n’a jamais connu une aussi grave crise existentielle, en tant que défenseur des relations transatlantiques et « europhile » convaincu, je forme le vœu que ses dirigeants réussissent à surmonter efficacement tous ces défis.

Histoire et inhumanité de Chan Chan

A l’occasion d’un voyage de groupe au Pérou, la semaine dernière, j’ai découvert le site de Chan Chan, près de Trujillo. Je sais bien que le Pérou évoque essentiellement la civilisation inca, mais Chan Chan donne à découvrir une autre civilisation, et c’est pourquoi j’aimerais vous la présenter ici. Chan Chan était en effet la capitale des Indiens Chimú, qui régnèrent sur la région avant l’arrivée des incas vers 1470. La ville comptait alors des dizaines de milliers d’habitants (les estimations des archéologues varient entre 30 000 et 100 000) et le site montre aujourd’hui à quel point les cités d’Amérique du Sud étaient intelligemment pensées et agencées. On y trouvait des édifices religieux, des réservoirs d’eau, des cimetières, des maisons bien conçues, des jardins communaux et ce qui semble avoir été des bâtiments de stockage (probablement pour les récoltes et autres marchandises). On trouve aussi à Chan Chan neuf « citadelles », ou quartiers qui permettaient peut-être aux différentes classes sociales de vivre séparément. Les bâtiments, faits d’un mélange de pisé et de boue, sont décorés de motifs complexes. La majorité des Chimú qui habitaient à Chan Chan se consacraient à la pêche ou à la poterie. De nombreuses céramiques ont survécu, qui illustrent l’histoire de cette population et son mode de vie : on y voit des gens en train de pêcher ou encore des animaux importants dans cette culture, tels que singes, poissons et chiens. Il semble que les céramiques faisaient l’objet d’échanges avec d’autres tribus au sein d’un actif système de troc. Chan Chan est une ville unique : non seulement c’est la plus grande cité jamais construite en Amérique précolombienne, mais c’est aussi la plus grande ville de pisé au monde. Les Chimú y vécurent libres pendant plusieurs siècles avant d’être envahis par les Incas. Aujourd’hui, ce site est inscrit comme patrimoine de l’humanité. Il est en effet fragile, car le pisé est aisément endommagé par les éléments naturels, que ce soit le vent ou la pluie. De plus, l’endroit a malheureusement été négligé et abîmé au cours des derniers siècles, en particulier par les pilleurs désireux de vendre leurs trouvailles à des collectionneurs sans scrupules. Il a donc besoin d’être restauré et préservé, mais c’est tout de même un incroyable site à découvrir, si vous visitez un jour le Pérou. Et si vous optez pour le voyage de groupe, je vous recommande l’agence par laquelle ma femme et moi sommes passés. L’organisation était aux petits oignons. Plus d’informations sur le site qui offre ce voyage groupe.

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Du hasard de l’artiste

Il semble parfois que l’artiste, et en particulier le philosophe, ne soit qu’un hasard dans son époque, qu’il n’y soit entré que comme un ermite, comme un voyageur égaré et resté en arrière. Qu’on se rende donc une fois bien compte combien Schopenhauer est grand, partout et en toutes choses, et combien l’effet produit par son œuvre est médiocre et absurde. Rien ne peut sembler plus humiliant pour un honnête homme de ce temps que de se rendre compte à quel point Schopenhauer y est une apparition fortuite et de quelles puissances, de quelles impuissances a dépendu l’échec de son action. Tout d’abord et longtemps il souffrit de l’absence de lecteurs; et c’est là une honte durable pour notre époque littéraire; ensuite, lorsque vinrent les lecteurs, ce fut le manque de conformité de ses premiers témoins publics; plus encore, à ce qu’il me semble, l’incompréhension de tous les hommes modernes vis-à-vis de tous les livres, car personne à l’heure qu’il est ne veut plus prendre les livres au sérieux. Peu à peu, un nouveau danger s’est ajouté aux autres, né des tentatives multiples qui ont été faites pour adapter Schopenhauer à la débilité du temps ou pour l’ajouter comme un élément étranger, une sorte de condiment agréable que l’on mêlerait aux mets quotidiens en guise de piment métaphysique. C’est de cette façon qu’il a été connu peu à peu et qu’il est devenu célèbre et je crois qu’il y a maintenant plus de gens qui connaissent son nom que celui d’Hegel. Et, malgré cela, il est encore un solitaire, malgré cela, jusqu’à présent, il n’a pas encore exercé d’influence. Ses véritables adversaires littéraires et les aboyeurs peuvent, moins que personne, revendiquer l’honneur d’avoir entravé cette renommée, d’une part, parce qu’il y a peu d’hommes qui aient la patience de le lire et, d’autre part, parce que ceux qui ont cette patience se trouvent directement amenés à Schopenhauer. Qui donc se laisserait empêcher par un ânier de monter un beau cheval, quel que soit l’éloge que celui-ci fasse de son âne aux dépens du cheval?

La France devient l’alliée d’Assad ?

Dimanche 27 septembre, les forces aériennes françaises ont effectué leurs premières frappes contre les djihadistes de l’EI « au nom de la légitime défense ». Le Point a par la suite effectué un sondage et 29.481 votants ont répondu à la question de savoir si « en frappant Daesh en Syrie, la France devient l’alliée implicite de Bachar el-Assad ». Si la France, les États-Unis, la Russie ont tous l’objectif de lutter contre la menace terroriste, leur vision de leur principal l’ennemi diffère toujours. L’approche russe, formulée une fois de plus par le Président russe Vladimir Poutine dans un entretien, est de soutenir le président syrien, chef d’Etat légitime, de renforcer les structures étatiques légales et de les aider à lutter contre le terrorisme tout en encourageant un dialogue positif avec la frange raisonnable de l’opposition sur des réformes politiques. Mais si la vision russe est d’éviter toute intervention dans la politique intérieure des Etats, car l’incitation à un coup d’Etat mènerait à une désintégration de toutes les institutions étatiques, comme c’est le cas en Lybie, en Irak ou en Ukraine, la France et les Etats-Unis disent ne pas vouloir discuter avec le dirigeant syrien. Pourtant, même si Barack Obama demande toujours le départ du chef de l’Etat syrien, il est moins catégorique dans ses propos. David Cameron et Angela Merkel ont quant à eux déjà infléchi leur position. Le président français François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, quant à eux, ne cessent d’appeler au départ de Bachar el-Assad. Cependant, avec les frappes contre l’EI, l’approche française devient contradictoire. A la question de l’hebdomadaire Le Point de savoir si « en frappant Daesh en Syrie, la France devient l’alliée implicite de Bachar el-Assad », 60,9% des Français (17.971 sur 29.486 votants) ont répondu « oui ». David Thomson, journaliste à RFI et spécialiste du jihadisme français, a expliqué pour RFI en quoi consistaient ces contradictions.  » Ces frappes font de la France un allié indirect du régime syrien puisqu’aujourd’hui, à Deir Ezzor et dans sa région, il n’y a que deux acteurs: le groupe Etat islamique qui assiège un réduit dans lequel se sont réfugiés depuis un an un millier de soldats syriens qui sont ravitaillés de nuit par hélicoptères. Donc, de fait, comme il n’y a que ces deux acteurs, attaquer l’organisation Etat islamique revient à faire de la France l’allié du régime de Bachar el-Assad », a-t-il expliqué.

Conférence de Londres sur l’économie

L’intensification des relations de service dans l’économie constitue, avec la globalisation, le grand changement structurel des activités productives. Ce processus de « tertiarisation » s’est traduit en particulier par l’importance accrue dans l’activité et l’emploi des services relationnels, c’est-à-dire les services basés sur l’interaction directe entre prestataire et destinataire (Roustang, 1987). Dans ce contexte, des innovations émanant de la société civile se sont manifestées dans toute l’Europe, prenant pour la plupart les formes associative et coopérative. L’importance prise par ces initiatives dans des domaines tels que la santé, les services sociaux, la culture et les loisirs atteste des enjeux associés dans les pays européens à une nouvelle dynamique d’économie solidaire. Cette contribution a d’abord pour objet de cerner cette réalité, mais elle souligne ensuite la confusion dont atteste le recours à différentes terminologies, reflétée dans les avancées et limites de la reconnaissance par l’Union européenne. Dans les pays Scandinaves, de nouvelles organisations ont montré une façon d’agir différente de celle des associations traditionnelles1. Se détournant d’une approche politique et culturelle hégémonique dans les années 1970, elles ont proposé dans les années 1980 « de nouvelles formes organisationnelles et des solutions aux problèmes sociaux locaux ». Parmi celles-ci figurent les organisations dites de « promoteurs de projets » au Danemark constituées à partir de l’implication forte d’une ou plusieurs personnes et les coopératives dans la garde d’enfants en Suède. Dans ce pays, en 1994, 1768 structures non municipales de garde étaient en fonctionnement accueillant. 12 % des enfants bénéficiant de structures d’accueil et parmi celles-ci 1020 étaient des coopératives de parents et 117 des coopératives de travailleurs (Pestoff, 1997, 1998). La forme coopérative et associative participe dans ce contexte autant à un redéploiement des services existants qu’à la création de nouveaux services. La « coopératisation » des services sociaux (Lorendahl, 1997 ; Pestoff, 1998) répond avant tout à une visée d’accroissement du rôle des usagers, tels les parents pour l’organisation de l’accueil de leurs enfants, et elle a été admise sous la pression des contraintes financières s’exerçant sur le secteur public. Source: séminaire Londres.

Londres

Les ados sont aussi sexe, drogue et rock and roll

Si l’exposition des adolescents à la drogue ou à l’alcool est liée à cette période de la vie, les vacances constituent une séquence opportune pour découvrir (et parfois abuser) de ces substances pourtant dangereuses. Pendant les vacances d’été, les tentations sont plus grandes pour les adolescents -plus ou moins jeunes- qui sortent sans leurs parents… L’abus d’alcool par les jeunes est-il plus fréquent à cette période là ? Dans quels cadres existe-t-il ? Bien évidement dans le cas de figure exposé, les types de consommation sont les usages festifs et les abus. L’alcool et le cannabis sont les produits les plus consommés, majoritairement dans un but expérimental et récréatif, mais il reste des cas d’usage abusif – mélanges, usage rapide et en forte consommation de type binge drinking avec dans ces cas, des risques sur un le plan de la santé somatique et psychologique. Les vacances sont des périodes propices pour des rencontres, pour la désinhibition et surtout pour la recherche de sensation. Souvent, les adolescents cherchent dans l’usage des substances psychoactives un moyen rapide de détente, de plaisir, d’excitation, un facilitateur des rencontres. Quels sont les impacts de ces abus, tant au niveau physique que psychologique ? L’alcool est un produit toxique et psychotrope. Les effets psychotropes de l’alcool sont l’euphorie, la levée de l’inhibition ou au contraire la sédation et l’effet antidépresseur. En cas d’usage massif, en cas de binge drinking, l’intoxication aiguë alcoolique ou ivresse alcoolique est caractérisée par la succession de trois phases : excitation, ébriété et dépression. La phase d’excitation psychomotrice est caractérisée par une impression de facilité intellectuelle et relationnelle et une désinhibition. La phase d’ébriété est caractérisée par une démarche instable, des gestes incoordonnées et dysmétriques. La phase de dépression se caractérise par une grande fatigue avec endormissement (jusqu’au stade de coma). Si l’ivresse alcoolique peut se présenter sous cette forme « banale », on peut pourtant rencontrer des ivresses « pathologiques », qui se présentent comme des syndromes excitomoteurs, hallucinatoires, délirants, convulsivants. Souvent après l’ivresse, les patients présentent des « trous noirs » (amnésie rétrograde). Le coma éthylique se présente sous la forme d’un coma toxique ou métabolique. Il existe fréquemment une hypotonie musculaire, une dépression respiratoire, une hypotension, une hypothermie et une polyurie. La conduite à tenir est celle d’une grande urgence. En matière de cannabis, sa consommation semble également augmenter en période estivale ? Quelles situations sont propices à la consommation de cette drogue ? Le cannabis est à l’heure actuelle un produit largement consommé de manière festive et cette période de vacances s’accompagne d’une augmentation du nombre d’usagers expérimentaux, festifs, mais aussi des cas excessif de consommation. Comme pour l’alcool, le risque d’effets nocifs est augmenté en cas de poly consommation et de mélanges.

Politique: transparence aussi pour le contrôle

Les déclarations de patrimoines des députés seront désormais consultables pour tous les électeurs munis de leur carte électorale. Mesure coup de poing du gouvernement, faisant suite à l’affaire Cahuzac. Les déclarations de patrimoine des députés et sénateurs sont consultables depuis lundi 13 juillet dans les préfectures de leur département, une première en France, en application des lois de 2013 sur la transparence, qui avaient été adoptées après l’affaire Cahuzac. Qu’est-ce que cela change vraiment dans la pratique ? Avant les déclarations de patrimoines que les députés et sénateurs devaient faire étaient secrètes. Leur exactitude n’était pas contrôlée, la commission concernée n’ayant pas les moyens de le faire. Aujourd’hui, les déclarations seront contrôlées par la Haute Autorité, qui requiert un contrôle fiscal. Ces déclarations seront rendues publiques et consultables par tous les électeurs inscrits sur les listes électorales. Ceci représente donc un progrès par rapport à la situation antérieure. C’est une position de compromis entre ceux qui souhaitaient que les patrimoines soient complètement publics et ceux qui le refusaient. Devant les divergences, l’Assemblée a retenue une position de compromis. Attention, les visiteurs n’auront pas le droit de les publier sous peine d’une amende de 45 000 euros. On vérifiera qu’aucune personne ne possèdent d’appareil photo et quelqu’un se trouvera très probablement à leur côté pour vérifier qu’il n’y a pas de prise de note. Si quelqu’un consulte ces déclarations et les croit incomplètes, il pourra saisir la Haute Autorité et lui faire remarquer que la déclaration n’est pas exhaustive. A ce moment, la Haute Autorité fera les diligences nécessaires pour vérifier la réalité des faits signalés. La déclaration du patrimoine sera consultable durant le mandat et durant les six mois suivant le départ d’un parlementaire. Elle n’est pas maintenue indéfiniment en préfecture. Il s’agit de la déclaration de l’intéressé et non pas de son conjoint. D’où partait-on en la matière ? Y avait-il une réelle nécessité à le faire ? Auparavant, il y avait une déclaration de patrimoine mais la commission qui en était chargée n’avait pas les moyens d’en vérifier l’exhaustivité. Désormais, on en a les moyens. A titre d’exemple, la déclaration d’une dizaine de parlementaires a été déférée à la justice pour inexactitude. Un tel souhait de transparence n’est pas nouveau. Ici le rôle de l’affaire Cahuzac, a été de montrer qu’il fallait aller plus loin. Il s’est trouvé qu’après l’affaire Cahuzac, on a décidé que tous les ministres devaient rendre leur déclaration de patrimoine publique après vérification par la Haute Autorité (certains ont d’ailleurs dû reprendre leur déclaration). Un projet de loi avait été déposé : députés et élus locaux devaient rendre leur patrimoine publique. La publicité du patrimoine des élus locaux a été jugée excessive pour atteinte à la vie privée et annulée par le Conseil Constitutionnel. Cependant, la déclaration des élus locaux existe mais est non consultable.

A Edimbourg pour les marques

La semaine dernière, dans le cadre d’un congrès à Edimbourg, un participant a posé la question de savoir si la marque doit être apparente ou plutôt effacée lorsqu’il est question de contenu de marque. Une question plutôt épineuse : si le slogan d’une marque s’expose obstinément à l’écran, cela risque de nuire à la perception du contenu, et de le faire tomber dans la simple pub. A l’inverse, si la marque n’est pas assez apparente, les efforts faits pour générer un contenu à valeur ajoutée ne vont être d’aucun profit pour la marque. Evidemment, une marque qui dépense un budget important pour s’associer avec un artiste de renom sera tentée de le signaler à tout-va pour tenter d’en tirer profit. A cette première difficulté s’ajoute également le besoin de faire en sorte que le public discerne assez vite la catégorie du locuteur. Les spectateurs sont en effet souvent mal à l’aise lorsqu’ils ne savent pas qui est derrière le contenu ; toutes les réunions de groupe sur le sujet en attestent. Si le responsable caché s’avère finalement être une marque, la sensation de duplicité peut compromettre largement l’objectif du contenu. La réponse habituelle apportée à cette difficulté est de privilégier un « certain équilibre » : il faut que la marque ne soit ni trop suggérée, ni trop peu. Mais pendant ce congrès à Edimbourg, un intervenant a délivré une réponse qui me semble plus adéquate. Selon lui, la présence de la marque est surtout déterminée par le genre éditorial. Dans le cadre des évènements sportifs, par exemple, il est aujourd’hui entendu que les marques apportent de l’ambiance conviviale, et peuvent donc naturellement briguer une excellente visibilité. Alors que dans les magazines au contraire, la marque a davantage un devoir de discrétion : elle est là pour informer et non se promouvoir. Plutôt qu’une exigence d’équilibre, donc, la visibilité est davantage une question de contexte. Dans le contenu éditorial, tout découle de la nécessité de qualité éditoriale : la visibilité de la marque doit avant tout être envisagée comme un élément (parmi bien d’autres !) au service du contenu. Pour plus d’infos, allez sur le site de l’agence incentive à Edimbourg, organisatrice du Congrès.

incentive Edimbourg